Tais-toi, par le diable!...
NICKLAUSSE (tranquillement).
Oui, mon maitre.
HERMANN (a Hoffmann).
Oh! oh! d'ou vient cet air fache?
NATHANAEL (a Hoffmann).
C'est a ne pas te reconnaitre.
HERMANN.
Sur quelle herbe as-tu donc marche?
HOFFMANN.
Helas! sur une herbe morte Au souffle glace du nord!...
NICKLAUSSE.
Et la, pres de cette porte, Sur un ivrogne qui dort!
HOFFMANN.
C'est vrai!... Ce coquin-la, pardieu! m'a fait envie!
A boire!... et, comme lui, couchons dans le ruisseau.
HERMANN.
Sans oreiller?
HOFFMANN.
La pierre!
NATHANAEL.
Et sans rideau?
HOFFMANN.
Le ciel!
NATHANAEL.
Sans couvre-pied?
HOFFMANN.
La pluie!
HERMANN.
As-tu le cauchemar, Hoffmann?
HOFFMANN.
Non, mais ce soir, Tout a l'heure, au theatre...
TOUS.
Eh bien?
HOFFMANN.
J'ai cru revoir...
Baste!... a quoi bon rouvrir une vieille blessure?
La vie est courte!... Il faut l'egayer en chemin.
Il faut boire, chanter et rire a l'aventure, Sauf a pleurer demain!
NATHANAEL.
Chante donc le premier, sans qu'on te le demande; Nous ferons chorus.
HOFFMANN.
Soit!